LA SÉLECTION
La sélection représente la méthode de reproduction la plus importante pour un éleveur de viande ou d'exposition, car toutes les races existantes actuellement proviennent de l'accouplement de plusieurs spécimens pour créer de nouvelles races choisies à l'intérieur d'une population, en vue de fixer des caractéristiques et des aptitudes particulières, recherchées et retenues par les éleveurs.
Il suffit de visionner le genre de vie qu'un Angora pourrait avoir en pleine nature, gêné dans ses mouvements, s'accrochant continuellement dans les buissons, avec un poil feutré et sale; dans ces conditions, cet animal pourrait difficilement survivre et même se reproduire.
Pour une survie, la nature a toujours favorisé la prolifération d'animaux agiles, minces, de dimensions réduites, capables de courir et de creuser des souterrains.
Les premiers chasseurs qui se sont mis à élever au lieu de tuer les lapins, ont immédiatement compris qu'il était préférable d'élever des femelles qui se reproduisaient bien et qui allaitaient un nombre élevé de lapereaux. Ils ont aussi réalisé qu'en gardant les lapins de taille supérieure, ça pouvait servir davantage pour le développement des descendants.
C'est ainsi que commença à être pratiquée une sélection génétique artificielle qui, après de nombreuses phases et interventions, est arrivée jusqu'à nous.
Pour un bon cuniculiculteur, il existe des critères exclusivement morphologiques qui permettent de choisir un animal déterminé. Celui-ci, utilisé dans notre élevage, devra prouver qu'il mérite son appellation de reproducteur, et fournir un nombre précis d'animaux ayant les caractéristiques voulues.
Il existe deux types de caractères à évaluer lors de l'achat et de l'utilisation de lapins reproducteurs: morphologiques et productifs.
Dans le premier cas, il faut prendre en considération l'aspect extérieur de l'animal, qui doit posséder les qualités propres à sa race: couleur, conformation physique, caractère et poids; il doit avoir en même temps les caractères "communs" à tous les producteurs, qui ont déjà été et décrits qui concernent l'aptitude à la procréation.
En partant d'un nombre de sujets élevé, il faudra donc éliminer au fur et à mesure ceux qui ne présentent pas les qualités requises, pour arriver à un nombre réduit de lapins, lequel, malheureusement, ne donnera pas toujours à l'éleveur les résultats escomptés.
Il faudra commencer par garder et sélectionner des femelles génitrices ayant une conformation typiquement féminine comme un bassin assez large, des lèvres vulvaires bien prononcées et le nombre de mamelles qui est très important. Avec sa structure nettement masculine, le mâle géniteur doit avoir les testicules bien développés et être le plus parfait possible étant donné qu'il servira plusieurs femelles.
Les éléments déterminants pour une bonne sélection sont le facteur génétique et le bagage anticorps. Le premier est important pour la transmission des caractères productifs, et le second pour garantir une immunité permettant à l'animal de bien supporter les agressions bactériennes.
Il est évident que l'élément concernant les caractères productifs influence la rentabilité d'un élevage.
Il existe des caractères maternels, transmis par le sexe féminin, tels que la fertilité, la prolificité, l'instinct de la préparation du nid de la parturition et de l'allaitement; de même, les caractères paternels transmis par le mâle sont : la fertilité, l'instinct de saillie, la rapidité dans la croissance, la capacité de transformation des aliments et le rendement à l'abattage. Il existe par ailleurs un caractère de "vitalité" transmis par les deux sexes.
La rentabilité d'un élevage est donc influencée par de nombreux facteurs, qui agissent individuellement et en association sur l'animal.
Nous allons maintenant examiner en détail les caractères qui devront être recherchés chez nos animaux, pour garantir le maximum de rendement dans une bonne élevage.
FERTILITÉ
La première qualité nécessaire à une femelle pour la reproduction est représentée par la "capacité d'acceptation du mâle". C'est ainsi qu'il faudra destiner à la reproduction toutes les lapines pourvues de cette capacité. Les améliorations obtenues en ce qui concerne ce caractère ne dépendent que pour 10% de facteurs génétiques transmis par le père ou par la mère. Par contre, les troubles sexuels se transmettent facilement: insuffisance de libido, anomalies spermatiques, faible développement des gonades (ovaires et testicules). Pour augmenter la fertilité, il faut donc agir indirectement, en éliminant les sujets qui manifestent ces troubles.
Les sujets provenant d'un croisement entre des races différentes et entre des lignées différentes d'une même race, ont une fertilité meilleure que les consanguins. On peut donc obtenir une augmentation de la fertilité en utilisant les animaux les moins consanguins sur la moyenne de l'élevage. Il est suggéré de se procurer des animaux provenant d'un élevage différent du nôtre pour éviter le problème de consanguinité.
Les facteurs nutritifs jouent un rôle extrêmement important: un bon reproducteur, doit se trouver exactement à un poids idéal pour sa race, car trop gras ou trop maigre peut causer une stérilité chez l'un ou l'autre des deux sexes.
La carence en phosphore retarde la maturité sexuelle des femelles, et peut déterminer l'apparition de troubles sexuels chez le mâle. De même que les carences en vitamines et en sels minéraux, la sous-alimentation, la mue et l'utilisation d'animaux âgés, peuvent réduire le taux de conception. L'emploi de mâles trop jeunes, ou un repos sexuel prolongé, peuvent altérer la fécondité.
Chez la femelle, l'équilibre endocrinien est déterminant pour la maturation des ovules, l'apparition des chaleurs, l'acceptation du mâle et par suite pour sa fécondation.
Les troubles psychologiques peuvent donc influencer le cycle sexuel de la femelle et, l'ovulation étant provoquée par le coït, une femelle trop nerveuse et apeurée peut ne pas s'apercevoir de la copulation qui a eu lieu. Dans un cas pareil il n'y aura aucune fécondation parce ce que les follicules mûrs ne s'ouvriront pas. Un caractère comme tel chez un lapin est très évident, et il n'arrive que rarement qu'une reproductrice, tout en manifestant les chaleurs, refuse catégoriquement le mâle. À partir de ce moment, l'éleveur devra donc procéder à sa sélection.
Il faut savoir choisir et éliminer mais aussi comprendre le choix de notre sélection qui prendra entre un et deux ans.
PROLIFICITÉ
Après avoir accepté le mâle et si elle a été fécondée, la femelle arrive à la parturition. À ce moment, il faudra enregistrer le nombre de lapereaux nés vivants et le nombre de morts.
La prolificité est représentée par le nombre de lapereaux issus de chaque parturition, et naturellement, plus elle est élevée, plus il y aura d'animaux disponibles pour l'allaitement et le sevrage.
Dans ce cas également, il faut tenir compte de nombreuses circonstances qui peuvent avoir une influence sur le nombre de nouveau-nés: chaleurs plus ou moins prononcées, nombre d'ovules disponibles, capacité de l'utérus d'accueillir la présence et le développement de plusieurs foetus, fertilité du mâle, outre les conditions générales d'élevage qui agissent parallèlement.
Il ne faut pas se baser uniquement sur la prolificité de chaque reproductrice, mais plutôt sur l'ensemble de la moyenne de l'élevage, qui doit être globalement augmentée par l'éleveur par la sélection et l'amélioration des conditions ambiantes et nutritives.
VITALITÉ
La vitalité représente la capacité des animaux à résister et à surmonter les différentes maladies ou difficultés qui peuvent se manifester durant leur vie.
Très souvent la mère est en mesure, grâce à ses anticorps, de garantir à ses petits une protection contre le polymicrobisme de l'ambiance. Dans l'autre cas, la rusticité de la souche assure la naissance et le développement de lapereaux qui, génétiquement, ont une vitalité élevée. Fort heureusement ce caractère est facilement transmis aux descendants, ce qui permet de sélectionner et d'utiliser pour la reproduction les mères et les descendants les plus rustiques, qui s'adapteront le mieux à notre élevage.
VITESSE DE CROISSANCE
L'élevage du lapin domestique, à l'exception de celui pratiqué simplement comme hobby (loisir), a pour objectif la production de viande. Les animaux élevés doivent atteindre un poids adéquat à l'abattage dans des délais assez brefs.
La vitesse de croissance est un paramètre dont il faut tenir compte surtout pour le choix des futurs reproducteurs, qui seront sélectionnés sur la base de la moyenne de l'élevage ou de la race à laquelle ils appartiennent. Il faudra garder le mâle le plus qualifié.
GÉNÉTIQUE:
On dit que les résultats d'accouplement entre frères et sœurs même étant soigneusement sélectionnés comme sujets de qualité, donneront rapidement dans leur progéniture des sujets d'aussi bonne qualité que leurs parents mais les résultats fixeront leur génétique, que dans n'importe quel autre système d'accouplement. Tandis que l'accouplement entre père et fille, mère et fils ne fixeront pas toujours la génétique dans leurs progénitures.
